Air Moon Safari - Air - The Virgin Suicides
Air s’est imposé en un peu plus de treize ans, comme l’étalon pop et électronique de ce que l'on nomma un temps la "French Touch". Un mouvement dont Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel ont toujours été à la fois proches et éloignés. La réédition anniversaire, accompagnée d’un DVD, de leur classique Moon Safari, est là pour en témoigner.
Moon Safari, dix ans déjà pourrait-on dire ! Mais ce serait sans compter sur le caractère inusable de la musique du duo versaillais à l’époque de la parution de ce disque qui fait désormais partie du patrimoine electro-pop mondial. En effet, en 1998, alors que les Versaillais préparaient avec "Kelly Watch The Stars" mais surtout "Sexy Boy", la déferlante internationale de ce qui allait devenir "le phénomène Air", soit, un mélange de mélodies surannées et d’hymnes électroniques low tech, le reste de la France se trémoussait aux rythmes de la house filtrée mâtinée de disco et de funk de Saint Germain, Alex Gopher, Laurent Garnier, Motorbass (Etienne de Crecy et Philippe Zdar) et de Daft Punk (Homework venait de paraître un an plus tôt) tandis que le Super Discount du même De Crécy (souvenez-vous, le "Marijuana, Sensemilla" hypnotique de "Le Patron est devenu fou") allait bientôt en rendre fou plus d’un justement.
Pourtant, dès Premiers Symptomes (1997), le duo à l’origine découverte des laboratoires Source Records et bientôt signé sur le label des Anglais de Mo Wax, se démarque largement de la vague hédoniste française. Langoureuse, soyeuse, leur musique l’est bel et bien. Parfaite pour le remixe également, mais en un sens, beaucoup plus savante. Avec Premiers Symptômes et bientôt avec ce Moon Safari raffiné, Air va donner ses lettres de noblesse à l’electro-pop, n’hésitant pas à allonger la sauce sur la pop, pour accessoiriser le côté électro. Air ne s’en est jamais caché. Leurs amours musicaux vont des Beach Boys au Eagles, en passant par les sons enfantins de Jean-Jacques Perrey, à ceux plus rugueux d’Ennio Moricone et les B.O. de films français de Michel Legrand à Jaques Tati, sans oublier l’érotisme soft des années 70. Une passion soigneusement affichée durant toute leur carrière, d’un Premiers Symptomes évocateur de l’école française de la musique concrète (pour le côté Pierre Henry) et des années d’or des scores de l’ORTF et de la BBC (pour le côté JJ Perrey ou Raymond Scott). Une option à laquelle ils donneront moins d’importance à partir de Talkie Walkie, et c’est certainement dommage.
Source : Fluctua.net








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